"Ma 50aine à moi" par Olivier Vous écoutez Déferlante, podcast provocateur d'émotions. Ce soir, c'est Olivier qui raconte son expérience de vie, sa belle 50aine, joies et frustrations entremêlées. Je tiens à le remercier pour cette délicieuse façon qu'il a de raconter avec tendresse et humour, les sentiments les plus inconfortables. J'ai passé un excellent moment à vous lire, Olivier... Ce récit est le 2e opus du projet intitulé "Ma 50aine à moi". conçu comme une série de 3 épisodes, par 3 auditeurs différents. Allons-y, pour ce nouvel épisode. *** J'ai 55 ans,et je suis un homme strictement hétéro. Je vis entre la ville pour le boulot et un coin perdu en moyenne montagne pour mon "chez moi" et mes racines. Je suis marié depuis une trentaine d’années, et volage depuis 3 ans. Par opportunité plus que par envie, "écessité fait loi" Nous avons 4 enfants qui ont quitté le nid depuis un certain temps et la ménopause, plus le syndrome du nid vide, plus un départ à la retraite, ont fini de transformer mon épouse en mamie Nova. Mon épouse est maintenant souvent en déplacement chez les petits, les nôtres et ceux des autres. Et moi... je suis devenu un chat parmi les autres. Je n'ai aucune rancune vis à vis de mon épouse, Dame Nature l'a faite ainsi, il est impossible de la changer et, à vrai dire, elle fait une mamie Nova du tonnerre. Si je suis heureux dans ma vie, en ce moment? Vous savez... "Je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation"… (je pourrais ajouter ici un monologue de 15 pages) Mais oui, je suis heureux dans la mesure où je suis content de ce que j’ai. Voir le verre plein, la pensée positive, et tout ce qu’on peut imaginer comme connerie " new age", hm ce n'est pas ma tasse de thé. Je suis ancré dans le réel. Les changements par rapport à moi-même d'il y a 15 ans? Trois fois rien: quelques kilos en plus, devoir porter des lunettes, devoir arrêter certaines activités physiques pour préserver les genoux. Passer de la course à pied au vélo, et du ski à la natation. Je ne saute plus en parachute mais je continue l’escalade, été comme hiver. Je ne refais pas le match, ce qui est fait est fait, inutile de se dire : "ah mais si j’avais fait tel ou tel choix… " Non, ça ne sert à rien, on doit faire avec ce qu’on a en main. Je peux influencer juste ce qui est devant moi, pas derrière moi, et je peux faire appel à l'expérience des anciens. Sur une échelle de 1 à 10, le fameux curseur de satisfaction sexuelle? Je suis satisfait d’avoir retrouvé une vie sexuelle, après plusieurs années d’abstinence forcée. J’ai grimpé par dessus le sentiment de honte, et maintenant, je profite pleinement. Et même si je ne vois pas ma Souris souvent, je ne me sens pas en manque, entre deux rencontres. Je sais que notre histoire a une date de péremption. Et je pense que cela incite à chérir encore plus les heures passées ensemble, même les jours où elle arrive claquée et qu’elle s’écroule, en guise de tout préliminaire. Nous faisons le même métier et nous savons que le corps a des limites, alors... si dormir est la priorité, eh bien on dort! Je ne lui en veux pas pour cela, c’est notre façon de nous épauler. Nous ne travaillons pas au même endroit, et on se voit selon nos agendas, dans des villes parfois fort éloignées. Je n’avais jamais envisagé une liaison avec elle, ni elle avec moi. Cela s’est fait “de manière très professionnelle” si on peut dire. Concernant mon matériel d’homme, il y a des jours avec et des jours sans. Le viagra a été envisagé, testé et détesté. Il faut parfois pas mal de préliminaires, voire... même quelque fois, reporter à la fois suivante. Cela a aussi joué sur nos rendez-vous. Moi, j’adorerai pouvoir coller ma queue dure contre elle, au premier baiser. Mais étant donné que c’est plutôt: “vroum allumage moteur 1… vroum allumage moteur 2… “ eh bien... cela laisse le temps de se dire bonjour. Nous ne parlons pas "boutique" sauf banalités, pas parce que ce n’est pas le moment, mais parce que ce n’est pas dans nos habitudes. Je pratique la sodomie avec elle, elle était quasi inexpérimentée et je ne sais toujours pas si elle aime maintenant ou si c’est juste pour me faire plaisir. Mais comme elle a arrêté la contraception, et que le préservatif n’est pas toujours de la partie et que la levrette est une position très appréciée... notre parcours amoureux a décidé de passer par ses fesses. La première fois où j’ai joui dans sa bouche, j’ai eu honte. A tel point que cela a quasi effacé mon plaisir. Cela faisait tellement longtemps que ça ne m’était pas arrivé, et que nous n’avions jamais parlé de ça, et me vider ainsi dans sa bouche m’a pris de court. J’ai continué à la caresser, de moins en moins, en suivant le rythme de sa bouche puis je me suis rendu à l’évidence: elle restait immobile avec ma queue molle entre les lèvres! Cela faisait une éternité que je ne m’étais pas retrouvé dans une situation où je ne savais absolument pas quoi faire. Aussi j’ai attendu, attendu, attendu. Jusqu’à ce qu’elle se redresse, se retourne et continue à dormir dans mes bras. A son réveil, j’ai appris qu’elle avait sucé son pouce jusqu’à la naissance de son premier enfant, et qu’elle avait un peu retrouvé cette sensation avec mon sexe en bouche. Ma précieuse érection transformée en minuscule pouce de substitution!? il y a de quoi briser bien des virilités non ? Non, en effet. Depuis, il lui arrive régulièrement de me prendre mou en bouche. C’est davantage une "private joke" qu’un jeu sexuel, même si parfois, cela débouche sur des préliminaires. Comme ma Souris a la trentaine, elle est bien plus dynamique que moi et je pense qu’elle pourrait me mettre la pâtée dans des disciplines d’endurance, à mon avis. En force pure, non. Mais on ne compare pas des pommes et des poires. Elle est coach sportif dans le civil, ainsi que prof de pole dance. Enfin était. Et un jour, j’ai cru malin de lui faire une surprise: j’avais loué un local de pole dance, pour une heure. Elle a vu la barre, s’est jetée dessus et j’en ai été quitte pour louer une seconde heure. Un enfant privé de plaine de jeux qui découvre un toboggan, et qui a tellement peur de devoir rentrer si jamais il posait un pied à terre... qu’il monte et descend par la rampe! Elle était infernale, elle s’est retrouvée en culotte et seins nus comme par magie, les vêtements éparpillés dans la pièce, et elle qui tournait, montait, s’accrochait encore et encore. La douche a été plus que nécessaire après ça, et la sieste aussi. Et la séance d’étirement, et les massages après la sieste. Je n’avais jamais envisagé pareille débauche d’énergie ni même réalisé que cela lui manquait tant. Je n’ai pas creusé le pourquoi elle ne donnait plus cours, mais ce jour-là, j’ai mis le doigt sur quelque chose: j’avais déjà réalisé qu’elle avait des manques dans sa vie, ma seule présence en était l’illustration, mais il y avait plus. De mon côté, j’aime les nœuds et si elle n’a pas encore trouvé le shibari qui la mettrait à l’aise, je tresse ses cheveux. Ce sont aussi des nœuds, après tout. Aucun fétichisme, juste le plaisir de la voir arriver, de lui proposer des nœuds, de les réaliser et de me cramponner à cette chevelure. Ou simplement la voir repartir, les cheveux bien lisses alors qu’elle était ébouriffée l’instant d’avant. Pas d'âge-play ou de "daddy", j’ai coiffé mes filles à une époque et la situation est totalement différente même si techniquement, en effet... ma Souris a l'âge d’être ma fille. Un message pour ma femme? J’en avais marre d’être un des chats de la maison, ce n’est pas un problème d’amour ou de séparation. C'est juste l'occasion d'être homme encore un peu, avant de n’avoir plus que mon costume de papy. Alors, avec toi à mes côtés, plus tard, je serai sans doute un chat heureux. Un message pour ma Souris? Ton départ marquera surtout la fin de ma vie professionnelle, je suis admissible à la retraite et, après une période à être uniquement formateur, je serai rendu à mon potager et à ma vie de chat. J’espère que ta prochaine grossesse arrivera le plus tard possible, car je n’ai aucune envie de mettre un terme à notre relation. Je n'ai pas peur tu sais, je suis juste résigné, moi comme toi d'ailleurs. Nous formons un binôme à part entière et il y aura une longue période de deuil. *** Merci d'avoir écouté Déferlante, le podcast érotique de la vraie vie. J'en profite pour vous inviter à participer au prochain projet du podcast, qui s'adresse aux célibataires. Vous trouverez les infos, en écoutant le bonus "Un coeur à prendre", qui a été publié le 1er janvier. Quant à moi, je vous donne rendez-vous le dimanche 25 janvier, comme d'habitude, à 20h.